Sigle de « Association Réflexion Action Prison Justice »
Fondée en 1976 par quatre aumôniers de prison protestants et catholiques et regroupant aujourd’hui un ensemble de personnes partageant une vision commune des droits de l’homme, l’arapej s’est donnée pour mission d’accueillir en priorité les personnes sortant de détention ou placées sous-main de justice, mais aussi les personnes en grande difficulté sociale. Partie de quelques places d’hébergement, elle gère aujourd’hui 30 établissements et services organisés en 3 pôles d’activité : le pôle Hébergement / logement qui regroupe les centres d’hébergement et de réinsertion sociale pour hommes et femmes, le service d’accueil de personnes bénéficiant d’un aménagement de peine, l’accueil de personnes toxicomanes et atteintes de pathologies graves ; le pôle Insertion avec le service RSA et le Chantier d’insertion par activité économique IAE ; le pôle Droit et justice avec les points d’accès au droit et le numéro vert.
Source : Linkedin
L’ARAPEJ fait maintenant partie intégrante du CASP (Centre d’action sociale protestant) qui gère notamment les permanences téléphonique :
Les personnes détenues dans l’ensemble des 185 prisons de France ( plus de 70 000 personnes) peuvent accéder directement au Numéro vert ARAPEJ via les points phone de la détention, en composant le 0800 870 745
Les familles et proches de personnes détenues, mais aussi les personnes sortant de prison, les professionnels et les bénévoles qui les accompagnent, peuvent contacter le Numéro vert ARAPEJ via une ligne distincte, le 01 43 72 98 41
Source : FARAPEJ (lien vers la page)
Sigle de : Agence du Travail d’Intérêt Général et de l’Insertion Professionnelle.
C’est l’agence nationale qui « organise la formation professionnelle, l’emploi en détention et l’accompagnement vers l’emploi, au moment de la sortie », sous la tutelle du Ministère de la justice.
Chargée des liens entre le monde socio-professionnel et la justice, elle s’occupe à la fois des TIG (travaux d’intérêt généraux) en détention et en alternative à la détention, ainsi que la formation professionnelle en détention.
Cette mission ne tient pas seulement à une action correctionnelle réparatrice, elle assure également l’occupation et le sens en détention.
Dans sa gestion, l’ATIGIP n’est pas seulement tournée vers les détenus et centres de détention, elle est également tournée vers les entreprises qui cherchent une main d’oeuvre, ce qui occupe une grande place dans leur communication (voir leur site web).
Sigle de « Conception Assistée par Ordinateur ».
La CAO désigne l’ensemble des logiciels et méthodes qui permettent de concevoir, modifier, visualiser et parfois simuler numériquement un objet, une pièce, un bâtiment ou un système technique. Elle sert à produire des dessins 2D, des modèles 3D et des dossiers techniques plus précis que le dessin manuel, dans des domaines comme l’industrie, l’architecture, l’électronique ou le textile.
Dans le contexte du numérique en prison, la CAO renvoie surtout à des usages de formation ou de travail sur ordinateur autour du graphisme, du dessin technique et de la production assistée. Un texte du ministère de la Justice sur l’accès à l’informatique en détention mentionne explicitement, parmi les activités possibles, la « numérisation/graphisme/retouche/dessin assisté par ordinateur (DAO) » ainsi que la « création ou publication assistée par ordinateur (CAO/PAO) ». La CAO s’inscrit donc dans les compétences numériques professionnalisantes qui peuvent être mobilisées en détention, à condition qu’elles respectent le cadre de sécurité pénitentiaire.
Plus largement, la CAO est une compétence recherchée sur le marché du travail. France Compétences la relie par exemple à la modélisation dans les industries de la mode et du textile, et à la formalisation de dossiers techniques dans des parcours de sciences et ingénierie. Dans un parcours de réinsertion, elle peut ainsi être comprise comme un savoir-faire transférable vers des métiers du dessin industriel, de la conception, de la fabrication ou du graphisme technique.
Source : ministère de la Justice ; France Compétences ; PTC.
Sigle de « Centre de détention ».
Établissement pénitentiaire destiné aux personnes condamnées à des peines relativement longues, en principe après jugement définitif. Dans l’organisation pénitentiaire française, le centre de détention se distingue de la maison d’arrêt, qui accueille surtout les personnes en détention provisoire et les courtes peines, et de la maison centrale, marquée par un niveau de sécurité plus élevé. Le régime du centre de détention est théoriquement davantage orienté vers la réinsertion, avec plus d’activités, de travail, de formation et une prise en charge pensée pour préparer la sortie. 
Concrètement, le sigle CD apparaît dans les documents administratifs, les cartes pénitentiaires et les noms d’établissements. On parle par exemple du centre de détention de Bapaume dans des dispositifs d’accès au droit, ou encore du centre de détention de Mauzac dans des actions de formation et des visites professionnelles de l’Énap. Le cas de Casabianda, en Corse, est souvent cité comme un centre de détention singulier, implanté dans un vaste domaine agricole et présenté comme une prison « ouverte », ce qui montre que tous les CD ne se ressemblent pas exactement dans leur fonctionnement concret.
Sigle de « Contrôleur général des lieux de privation de liberté ».
Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les conditions de prise en charge, de transfèrement et de détention des personnes privées de liberté, afin de veiller au respect de leurs droits fondamentaux. Le CGLPL peut intervenir dans des lieux très divers : prisons, locaux de garde à vue, centres de rétention administrative, zones d’attente, établissements de santé accueillant des personnes hospitalisées sans consentement, ou encore certains centres éducatifs fermés. Il a été institué par la loi du 30 octobre 2007.
Dans le contexte carcéral, le CGLPL occupe une place importante parce qu’il ne dépend pas de l’administration pénitentiaire qu’il contrôle. Ses visites peuvent être programmées ou inopinées, et ses équipes peuvent entrer dans les établissements, consulter des documents utiles et s’entretenir confidentiellement avec les personnes privées de liberté comme avec les professionnels. Son rôle n’est pas de juger les personnes détenues, mais d’alerter sur les atteintes à la dignité, aux droits, à la santé, à l’accès au soin, aux liens familiaux ou encore aux conditions matérielles d’enfermement.
Concrètement, le CGLPL publie des rapports, recommandations et avis qui documentent des situations souvent peu visibles depuis l’extérieur. Son site présente par exemple des publications récentes sur la parole des personnes privées de liberté, sur les conditions d’arrivée dans les lieux d’enfermement, ou sur différents établissements et dispositifs de contrainte. Dans un glossaire situé sur la prison, ce sigle renvoie donc à une institution de contrôle essentielle pour comprendre comment sont observées, documentées et rendues publiques les réalités de l’enfermement en France.
Sigle de « Club Informatique Pénitentiaire ».
Association loi 1901 reconnue d’intérêt général, le CLIP forme aux usages de l’informatique des personnes placées sous main de justice, en particulier en détention, dans une perspective de réinsertion. L’association présente cette mission comme une réponse à la fracture numérique, devenue un obstacle supplémentaire pour des personnes déjà fragilisées par l’enfermement et l’éloignement des usages ordinaires du numérique.
Le CLIP a été créé en 1985 et intervient grâce à un réseau important de bénévoles dans des établissements pénitentiaires partout en France. Le ministère de la Justice le cite parmi ses associations partenaires pour l’enseignement en milieu pénitentiaire, ce qui montre son inscription durable dans l’écosystème des actions éducatives en prison.
Concrètement, le CLIP anime des ateliers informatiques en détention, souvent dans des environnements sans accès à Internet, ce qui oblige à penser des apprentissages adaptés aux contraintes carcérales. Son action ne consiste donc pas seulement à “faire de l’informatique”, mais à transmettre des compétences de base en bureautique, en culture numérique et en autonomie technique, utiles pour la formation, les démarches administratives et la préparation de la sortie. Le bilan annuel de l’enseignement en milieu pénitentiaire publié par le ministère mentionne encore le CLIP parmi les acteurs repérés de cette offre éducative.
Dans un glossaire situé, le sigle CLIP renvoie ainsi à un acteur associatif important de la prison contemporaine : une structure passerelle entre monde carcéral, bénévolat et apprentissages numériques, à un moment où l’exclusion numérique pèse directement sur les possibilités de réinsertion. La FARAPEJ le recense d’ailleurs dans son réseau associatif national, ce qui souligne sa place dans les dispositifs d’accompagnement autour de la justice et de la prison.
Sigle de « Conservatoire national des arts et métiers ».
Le CNAM est un grand établissement public d’enseignement supérieur et de recherche, fondé en 1794 et placé sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il est spécialisé dans la formation professionnelle supérieure tout au long de la vie, tout en assurant aussi des missions de recherche et de diffusion de la culture scientifique et technique.
Dans le glossaire de l’ouvrage, ce sigle désigne donc un acteur national de la formation qui peut intervenir auprès de publics empêchés. Le Cnam explique en effet proposer, pour les personnes détenues, des unités d’enseignement à distance adaptées aux contraintes de la détention, des formations hybrides mêlant présentiel et distanciel, ainsi qu’un suivi pédagogique spécifique ; cela en fait un repère important dès qu’il est question d’enseignement supérieur, d’insertion et de médiation numérique en prison.
Plus concrètement, le Cnam rappelle qu’un premier partenariat a été signé en 2015 avec la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris, avant un élargissement à d’autres établissements. Une actualité publiée en 2026 mentionne plus de 500 personnes formées en dix ans, dans 26 centres pénitentiaires, avec des parcours notamment en comptabilité, droit, informatique, bâtiment, banque-assurance ou management. Dans le cadre de utt-prison-num, le CNAM peut donc être compris comme une institution de formation supérieure qui permet de maintenir ou de reprendre des études en détention et de préparer la sortie par la qualification.
Sigle de « Centre national d’enseignement à distance ».
Le CNED est l’opérateur public français de l’enseignement à distance. Il assure, pour le compte de l’État, des formations scolaires, supérieures et professionnelles, et accompagne des publics très variés, qu’il s’agisse d’élèves empêchés de suivre une scolarité en présence, d’adultes en reprise d’études ou de personnes préparant un concours. Sources : Cned, Nos missions ; Ministère de l’Éducation nationale, Les organismes sous tutelle
Dans le contexte de la prison, le CNED désigne donc un acteur central de l’enseignement à distance mobilisable pour maintenir une scolarité ou poursuivre une formation quand l’accès au présentiel est limité. Les bilans de l’enseignement en milieu pénitentiaire (2017-2018 et 2022-2023) le présentent comme un partenaire important, notamment pour la scolarité obligatoire, tout en soulignant que la numérisation complète de ses supports a rendu l’accès plus difficile en détention ; un bilan plus récent indique d’ailleurs que des discussions ont été engagées pour faciliter à nouveau l’accès aux formations du CNED pour les personnes détenues. Pour le glossaire de utt-prison-num, le CNED renvoie ainsi à la fois à une ressource pédagogique majeure et à l’un des points de tension entre enseignement à distance, contraintes techniques et politique carcérale du numérique.
Sigle de « Centre pénitentiaire ».
Un centre pénitentiaire est un établissement pénitentiaire mixte (voir Ministère de la Justice), c’est-à-dire un site qui regroupe plusieurs types de quartiers au sein d’un même ensemble. En droit français, il peut notamment comprendre un quartier maison d’arrêt, un quartier centre de détention, un quartier maison centrale, un quartier de semi-liberté, et parfois une structure d’accompagnement vers la sortie.
Dans le glossaire de l’ouvrage, CP renvoie donc moins à une fonction unique qu’à une forme d’organisation de la détention : le centre pénitentiaire permet d’accueillir, sur un même site, des publics et des régimes différents selon le statut pénal, la durée de peine, le niveau de sécurité requis ou la préparation à la sortie. Cela en fait une structure charnière entre logique d’incarcération, gestion des parcours de peine et réinsertion.
Concrètement, on parle par exemple du centre pénitentiaire de Paris La Santé ou du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin. Le second illustre bien cette logique de composition puisqu’il associe plusieurs quartiers distincts, dont des quartiers maison d’arrêt, un quartier centre de détention et un quartier de semi-liberté.
Sigle de « Conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation ».
Le ou la CPIP est un professionnel du service public pénitentiaire chargé d’accompagner les personnes placées sous main de justice, en détention comme en milieu ouvert. Il ou elle aide à la décision judiciaire, participe à l’individualisation des peines, propose des aménagements de peine et veille au respect des obligations fixées par l’autorité judiciaire. Source : Ministère de la Justice
Le CPIP exerce au sein des SPIP, les services pénitentiaires d’insertion et de probation, dont la mission principale est la prévention de la récidive. Son travail combine évaluation des situations, accompagnement social, contrôle des obligations judiciaires et rédaction de rapports à destination des magistrats. Il intervient donc à la fois dans une logique de suivi, de réinsertion et de contrôle (voir Legifrance).
Dans le contexte pénitentiaire français, le CPIP occupe une place charnière entre l’institution carcérale, l’autorité judiciaire et les dispositifs de droit commun. En milieu fermé, il peut préparer la sortie, orienter vers les soins, la formation ou l’accès aux droits ; en milieu ouvert, il suit par exemple des personnes en sursis probatoire, en travail d’intérêt général, sous surveillance électronique ou en libération conditionnelle. Cela en fait un métier au croisement du droit, du travail social et de la probation.
On peut enfin noter que les CPIP sont des fonctionnaires de catégorie A, recrutés par concours et formés à l’École nationale d’administration pénitentiaire. Cette professionnalisation souligne le fait que la probation ne relève pas seulement d’un accompagnement social, mais d’un champ d’expertise spécifique dans l’exécution des peines et la prévention de la récidive.
Sigle de « Croix-Rouge Écoute Détenus ».
Le CRED est un dispositif de téléphonie sociale de la Croix-Rouge française destiné aux personnes détenues. Il propose un espace d’écoute et de soutien psychologique par téléphone, notamment face à l’isolement, aux angoisses et à la détresse morale liées à l’enfermement. Ce dispositif est recommandé par le Guide du détenu arrivant proposé par le Ministère de la Justice.
Dans le contexte carcéral, le CRED désigne donc une ressource d’écoute à distance qui permet de faire entrer un soutien humain dans un univers fortement contraint. La Croix-Rouge française indique que cette ligne dédiée aux personnes détenues a été créée en 2000 ; le guide officiel du détenu arrivant précise qu’elle est accessible gratuitement, de manière confidentielle, et que l’appel n’est ni écouté ni enregistré par l’administration pénitentiaire. Pour le glossaire de utt-prison-num, le CRED renvoie ainsi à l’un des rares dispositifs où téléphone, anonymat et soutien psychologique se combinent en détention.
Sigle de « Diplôme d’Accès aux Études Universitaires ».
Le DAEU est un diplôme national de reprise d’études destiné aux personnes sorties du système scolaire sans baccalauréat. Délivré par les universités dans le cadre de la formation continue, il confère les mêmes droits que le baccalauréat, notamment pour l’accès aux études supérieures et, plus largement, pour certains concours ou parcours exigeant ce niveau.
Il constitue souvent une porte d’entrée vers l’université pour des adultes en reprise d’études, dans une logique de promotion, de retour à l’emploi ou de requalification. Deux options existent : le DAEU A, plutôt littéraire et juridique, et le DAEU B, à dominante scientifique ; la formation représente au minimum 225 heures, peut être préparée à distance selon les établissements, et ses modules sont capitalisables sur plusieurs années.
Dans le contexte carcéral, le DAEU est un diplôme particulièrement structurant, parce qu’il permet à des personnes détenues non bachelières de réaccéder à l’enseignement supérieur malgré des parcours scolaires interrompus. La Fédération interuniversitaire de l’enseignement à distance indique que, parmi plus de 1 300 étudiants incarcérés inscrits dans l’enseignement supérieur, plus d’un tiers prépare un DAEU ; le Ministère de l’Enseignement supérieur cite aussi des dispositifs adaptés à la détention, comme les cours en présentiel de l’Université Paris Cité ou les solutions hors ligne développées à Caen et Rennes pour suivre des enseignements universitaires malgré l’absence d’accès ordinaire à Internet.
Sigle de « Direction de l’administration pénitentiaire ».
La DAP désigne l’administration centrale du ministère de la Justice chargée de piloter la politique pénitentiaire, c’est-à-dire la prise en charge des personnes placées sous main de justice en détention et en milieu ouvert, ainsi que l’organisation des établissements et des services pénitentiaires. Ministère de la Justice ; Ministère de la Justice
Dans son acception la plus classique, la DAP coordonne les prisons, les services pénitentiaires d’insertion et de probation, la gestion des personnels, la sécurité pénitentiaire et les politiques de prévention de la récidive. Elle se situe donc au sommet de l’organisation administrative du monde pénitentiaire français, entre les orientations ministérielles et leur mise en œuvre sur le terrain par les directions interrégionales, les établissements et les SPIP.
Dans le contexte actuel, le sigle DAP reste compréhensible et très présent dans les textes, les archives et les usages professionnels, mais il faut noter qu’en février 2026 le ministère de la Justice a annoncé la création de la DGAP (« Direction générale de l’administration pénitentiaire »), qui se substitue à l’ancienne DAP. Pour notre glossaire, il est donc utile de garder l’entrée DAP tout en signalant qu’elle renvoie désormais aussi à une appellation institutionnelle en partie dépassée.
Cette évolution est intéressante pour situer le sigle dans l’histoire récente de l’institution : la DAP était déjà un organe central du ministère, héritier d’une longue structuration administrative de la prison en France, mais la transformation en direction générale marque un renforcement du pilotage stratégique de l’administration pénitentiaire, notamment autour de la sécurité, de l’exécution des décisions de justice et de la réinsertion.
Sigle de « Direction interrégionale des services pénitentiaires ».
La DISP est un service déconcentré de l’administration pénitentiaire chargé d’assurer, à l’échelle interrégionale, la coordination et le pilotage des établissements pénitentiaires.
Dans le contexte de l’ouvrage, la DISP désigne donc un échelon administratif essentiel entre l’administration centrale et le terrain carcéral. Le ministère de la Justice indique que l’administration pénitentiaire comprend aujourd’hui neuf directions interrégionales en métropole et une direction des services pénitentiaires d’outre-mer ; il précise aussi que les SPIP relèvent de cette organisation territoriale. On peut ainsi comprendre la DISP comme l’instance qui supervise et articule, sur un territoire donné, les établissements pénitentiaires et les services de probation ; par exemple, l’annuaire ministériel recense une DISP de Paris, située à Fresnes.
Sigle de « Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques ».
La DREES (parfois notée par erreur « DRES », mais l’acronyme administratif officiel est bien DREES) est le service statistique ministériel chargé de produire, rassembler, analyser et diffuser des données sur la santé, les solidarités et la protection sociale. Elle éclaire ainsi l’action publique par des enquêtes, des études, des synthèses et des travaux d’évaluation.
Ses travaux couvrent des domaines très larges : système de soins, professions sanitaires et sociales, pauvreté, prestations sociales, retraite, handicap, autonomie, enfance et familles. La DREES publie par exemple des enquêtes statistiques, des comptes nationaux, des jeux de données et des outils de diffusion destinés aux administrations, aux chercheurs, aux journalistes et aux associations.
Dans le champ prison-justice, la DREES est utile parce qu’elle documente des dimensions décisives pour comprendre les publics sous main de justice : santé, handicap, perte d’autonomie, santé mentale, accès aux soins ou encore vulnérabilités sociales. Elle conduit notamment une Étude sur la santé en prison 2025, présentée comme une enquête auprès des personnes détenues visant à produire de grands indicateurs sur le handicap et la perte d’autonomie en détention ; ses travaux plus anciens sur la santé à l’entrée en prison ou le suivi psychiatrique des détenus sont également très mobilisables pour situer les enjeux sanitaires du milieu carcéral.
Sigle de « Enseignement à distance ».
L’enseignement à distance désigne une modalité de formation dans laquelle l’apprentissage se fait sans présence physique régulière de l’enseignant et sans fréquentation continue d’un établissement ; il peut s’appuyer sur des supports numériques, mais aussi sur des supports papier. En France, cette forme d’enseignement est assurée notamment par le Cned, opérateur public de l’enseignement à distance, et, dans le supérieur, par les universités proposant des formations via leurs services d’EàD.
Dans le contexte carcéral, l’EàD désigne une modalité pédagogique particulièrement importante pour maintenir une scolarité, préparer un diplôme ou poursuivre des études supérieures malgré les contraintes de la détention. Les bilans du ministère (2013, 2014 et 2019-2022) de la Justice montrent que l’enseignement en prison s’inscrit dans une logique d’éducation permanente et de réinsertion, et que l’enseignement à distance fait partie des dispositifs mobilisés, avec des inscriptions financées en EAD et un appui possible des universités engagées dans le suivi des étudiants détenus. Pour le glossaire de utt-prison-num, l’EàD renvoie donc moins à une institution qu’à une forme d’accès au savoir sous contrainte.
Sigle de « Environnement numérique de travail ».
L’ENT désigne un ensemble intégré de services numériques mis à disposition des membres d’une communauté éducative. Il constitue un point d’entrée unifié permettant, selon le profil et le niveau d’habilitation de l’usager, d’accéder à des services, des contenus, des outils de communication, de travail collaboratif et de suivi pédagogique.
Dans le contexte de l’ouvrage, l’ENT renvoie à un modèle d’accès organisé aux ressources numériques éducatives. En milieu pénitentiaire, le ministère de la Justice a ainsi associé l’ENT au projet « Numérique en détention » afin de permettre l’accès à des contenus pédagogiques dans un cadre sécurisé ; d’autres dispositifs proches visent à offrir aux étudiants détenus un environnement numérique aussi proche que possible de la formation à distance ordinaire, par exemple au moyen de plateformes locales de type Moodle sans connexion ouverte à Internet. Pour notre glossaire, l’ENT désigne donc moins un simple portail scolaire qu’un outil de médiation et de continuité pédagogique adapté à un univers fortement contraint.
Sigle de « Établissement pénitentiaire pour mineurs ».
Un EPM est une prison spécialement conçue pour accueillir des mineurs âgés de 13 à 18 ans, qu’ils soient prévenus ou condamnés. Ces établissements ont été créés pour proposer un cadre distinct de la détention des adultes, combinant sécurité, accompagnement éducatif, scolarité, activités sportives et préparation à la réinsertion.
Dans l’organisation pénitentiaire française, l’EPM se distingue du quartier pour mineurs intégré à une prison ordinaire : il s’agit d’un établissement entièrement dédié aux adolescents détenus, avec une prise en charge pensée autour de la pluridisciplinarité entre administration pénitentiaire, protection judiciaire de la jeunesse, enseignants et personnels de santé. Cette spécialisation vise à adapter l’enfermement à l’âge des jeunes détenus, même si cette promesse fait régulièrement l’objet de débats et de critiques sur les conditions réelles de détention.
Les EPM apparaissent dans le paysage pénal français au début des années 2000. La loi d’orientation et de programmation pour la justice du 9 septembre 2002 prévoit leur création, dans le contexte d’un durcissement de la politique pénale des mineurs et d’une volonté de mieux encadrer les jeunes considérés comme récidivistes ou violents.
On peut citer, par exemple, l’EPM de Porcheville ou celui de Quiévrechain. La fiche du ministère sur l’établissement de Quiévrechain rappelle que l’action éducative y est présentée comme étant « au cœur du projet » afin de préparer la sortie et de prévenir la récidive.
Sigle de « European Prison Education Association ».
L’EPEA est une association européenne dédiée à la promotion de l’éducation en prison. Elle rassemble des enseignants, formateurs, chercheurs, responsables pénitentiaires et autres professionnels engagés dans le développement de l’enseignement et des activités éducatives en détention à l’échelle européenne.
Dans une perspective plus située, l’EPEA défend l’idée que l’éducation en prison doit être considérée comme un droit fondamental et comme un levier de réinsertion, d’autonomie et de participation sociale. Elle agit aussi comme espace de circulation des pratiques entre pays européens, en relayant les recommandations du Conseil de l’Europe, en représentant ses membres dans les discussions sur les politiques publiques, et en travaillant avec les administrations pénitentiaires tout en restant indépendante.
Concrètement, l’EPEA anime un réseau de branches nationales, organise des conférences et met à disposition des ressources pour les praticiens de l’enseignement en détention. Son Prison Education Wiki, cofinancé par Erasmus+, rassemble par exemple des projets, publications, outils et supports pédagogiques liés à l’éducation en prison ; l’association valorise aussi des échanges transnationaux, des webinaires et des initiatives locales comme ses branches en Grèce ou en Suisse. Pour un glossaire sur le numérique et les apprentissages en prison, l’EPEA est donc une référence utile pour penser ensemble pédagogie, circulation de ressources et coopération européenne.
Sigle de « Fondation Agir Contre l’Exclusion ».
La FACE est une fondation reconnue d’utilité publique, créée en 1993 à l’initiative de Martine Aubry avec de grandes entreprises, qui agit contre l’exclusion, les discriminations et la pauvreté. Elle mobilise un réseau d’entreprises, de partenaires publics, associatifs et territoriaux autour de l’inclusion, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’école et de la vie quotidienne.
Dans le contexte de l’ouvrage, FACE désigne un acteur de l’insertion qui intervient aussi auprès des personnes sous main de justice. La fondation présente en effet des actions menées avec les SPIP et les services de l’État pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes détenues ou suivies en milieu ouvert ; elle a aussi signé en 2023 un partenariat avec le ministère du Travail pour renforcer l’accès à l’emploi des publics accompagnés. Pour notre glossaire, FACE renvoie donc à une interface entre monde économique, action sociale et réinsertion.
Sigle de « Fédération des Associations Réflexion, Action, Prison et Justice ».
La FARAPEJ est une fédération d’associations du champ prison-justice. Son but statutaire est de rassembler des associations qui, en s’appuyant sur la Déclaration des droits de l’homme, veulent à la fois contribuer à l’amélioration du fonctionnement de la justice et limiter les effets destructeurs de la prison. Née au début des années 1980 dans le sillage de l’ARAPEJ Île-de-France, elle a déposé ses premiers statuts en 1991 et se présente aujourd’hui comme une organisation fédératrice intervenant sur l’ensemble de la « chaîne pénale », des poursuites à l’application de la peine et à la sortie de prison.
Dans un sens plus situé, la FARAPEJ anime un réseau d’une soixantaine d’associations réparties en métropole et outre-mer. Elle soutient ses membres par de la formation, de la mise en réseau, de la documentation juridique, des conférences, des journées d’étude et des prises de position publiques sur les politiques pénales et pénitentiaires. Son site met aussi en avant des outils comme l’annuaire « Carcéropolis » et des formations sur l’administration pénitentiaire, les relations entre associations et prison, ou encore les enjeux d’accès aux droits. Sources : Rapport d’activité 2024 ; FARAPEJ – Formations
Pour le site utt-prison-num.fr, la FARAPEJ est utile à repérer comme acteur associatif structurant du monde prison-justice : elle ne gère pas seulement un réseau, elle contribue aussi à rendre visibles les enjeux carcéraux dans l’espace public. Elle coordonne par exemple les Journées Nationales Prison, organisées chaque année dans toute la France pour sensibiliser le public, et son réseau compte parmi ses partenaires majeurs le CASP-ARAPEJ, qui porte notamment le Numéro vert ARAPEJ accessible aux personnes détenues et à leurs proches pour obtenir des informations juridiques, sociales et administratives.
Sigle de « Fédération Inter-Universitaire d’Enseignement à Distance ».
La FIED est une association qui fédère des universités et établissements d’enseignement supérieur engagés dans l’enseignement à distance, en ligne ou hybride. Créée en 1987 à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur, elle a pour rôle de représenter, structurer et promouvoir l’offre universitaire française d’enseignement à distance. Source : Chantal Acheré, « Histoire de la Fédération Interuniversitaire de l’Enseignement à Distance »
De manière générale, la FIED fonctionne comme un réseau : elle met en relation les établissements, valorise les formations disponibles, anime des groupes de travail et mutualise des ressources sur des sujets comme l’accessibilité, les publics empêchés, les examens à distance ou encore l’accompagnement des étudiants. Elle joue aussi un rôle d’orientation en rendant visible un catalogue commun de formations universitaires suivables à distance.
Dans le contexte du milieu carcéral, ce sigle est particulièrement utile parce que la FIED constitue un point d’entrée vers des formations universitaires compatibles avec des situations de forte contrainte géographique, sociale ou institutionnelle. Elle n’est pas un opérateur pénitentiaire en soi, mais un intermédiaire important pour repérer des cursus à distance mobilisables, selon les partenariats locaux, pour des personnes détenues ou empêchées de suivre un parcours universitaire classique (handicap).
La FIED s’inscrit enfin dans une histoire plus large de démocratisation de l’accès aux études supérieures pour des publics salariés, éloignés, empêchés ou en reprise d’études. Cet arrière-plan est important pour notre glossaire, car il permet de situer le sigle non seulement comme une structure universitaire, mais aussi comme un maillon de l’accès aux savoirs sous contrainte.
Sigle de « Formation tout au long de la vie ».
La FTLV désigne le principe selon lequel la formation ne s’arrête pas à la scolarité initiale, mais se poursuit à toutes les étapes de l’existence, dans une logique de développement des compétences, de reprise d’études, de qualification ou de reconversion. Dans l’enseignement supérieur, le ministère explique qu’elle permet notamment à des personnes déjà engagées dans la vie active d’accéder à des cursus, diplômes ou titres, en tenant compte de leurs acquis et de leurs besoins.
Dans le contexte de l’ouvrage, la FTLV renvoie à une orientation importante de l’enseignement en prison. Le ministère de la Justice rappelle en effet que l’enseignement en milieu pénitentiaire s’inscrit dans une perspective d’éducation permanente et de formation tout au long de la vie ; autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’occuper le temps carcéral, mais de maintenir un parcours d’apprentissage, de préparer des diplômes et de soutenir la réinsertion. Pour le glossaire de utt-prison-num, la FTLV désigne donc un cadre général qui relie formation, continuité pédagogique et sortie de détention.
Sigle de « Groupement Étudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées ».
Le GENEPI était une association étudiante née en 1976 dans le contexte de l’ouverture relative des prisons françaises après les révoltes carcérales du milieu des années 1970. À l’origine, elle organisait des interventions d’étudiants bénévoles auprès des personnes détenues, principalement sous la forme de soutien scolaire, d’ateliers culturels et d’échanges destinés à décloisonner la prison et le monde extérieur.
Dans une perspective plus située, le GENEPI a longtemps occupé une place importante dans le paysage prison-justice français, à la fois comme acteur de terrain en détention et comme association de sensibilisation du grand public aux questions carcérales. À partir des années 2010, son orientation devient plus explicitement critique à l’égard de l’institution pénitentiaire ; en 2014, il abandonne d’ailleurs son développement historique pour ne plus s’appeler officiellement que « Genepi ».
Le terme est aujourd’hui surtout employé dans un sens historique, car l’association a cessé ses actions en détention en 2019 avant d’annoncer sa dissolution en août 2021. Pour le glossaire de utt-prison-num.fr, le GENEPI reste toutefois une référence importante pour comprendre l’histoire récente des interventions étudiantes en prison ; une partie de cet héritage a été reprise par le projet puis l’association REBOND, fondés par d’anciens membres pour poursuivre des actions éducatives en détention.
Sigle de « Institut national de l’audiovisuel ».
L’INA est un établissement public français chargé de conserver, de mettre en valeur et de transmettre le patrimoine audiovisuel national. Il joue un rôle central dans l’archivage des productions de radio, de télévision et, plus largement, d’une partie de la mémoire médiatique française.
Sur un plan plus institutionnel, l’INA est un établissement public de l’État à caractère industriel et commercial (EPIC). Ses missions ne se limitent pas à la conservation : il assure aussi des activités de recherche, de création, de publication, de formation et d’exploitation des archives audiovisuelles.
Dans le contexte de votre glossaire, l’INA est surtout important comme acteur de la mémoire et de la médiation des médias. Il ne s’agit pas seulement d’un “centre d’archives” : l’institution rend les fonds consultables, les valorise auprès du public, et forme aussi des professionnels de l’audiovisuel, des médias et du numérique.
On peut enfin rappeler que l’INA naît de la réforme de l’ORTF au milieu des années 1970. Cette origine éclaire sa place singulière dans le paysage public français : il est à la fois héritier de l’histoire de la radio-télévision publique et opérateur contemporain de conservation, de numérisation et de diffusion des archives audiovisuelles.
Sigle de « Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés ».
L’INS HEA était un établissement public national d’enseignement supérieur et de recherche spécialisé dans la formation, les ressources et la recherche autour du handicap, des besoins éducatifs particuliers et des enseignements adaptés. Depuis 2023, l’établissement a changé de dénomination et s’appelle INSEI, pour « Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive ».
Dans le contexte de l’ouvrage, l’INS HEA renvoie à un acteur important de la formation des enseignants exerçant dans des contextes éducatifs spécifiques, dont le milieu pénitentiaire. Le Bulletin officiel de 2012 indiquait déjà que l’INSHEA assurait cette action de formation en lien avec le responsable national de l’enseignement à la direction de l’administration pénitentiaire ; aujourd’hui, l’INSEI propose toujours une formation d’adaptation au poste pour les enseignants prenant leurs fonctions dans les unités locales d’enseignement des maisons d’arrêt, des établissements pour peine et des établissements pour mineurs. Pour notre glossaire, ce sigle désigne donc à la fois une institution historique des enseignements adaptés et un point d’appui concret pour penser la pédagogie spécialisée en prison.
Sigle de « Institut national de la statistique et des études économiques ».
L’Insee est l’institut public français chargé de collecter, produire, analyser et diffuser des informations sur l’économie et la société françaises. Il joue un rôle central dans la statistique publique : il réalise de grandes enquêtes, publie des indicateurs de référence et coordonne, avec les services statistiques ministériels, une partie essentielle de la production statistique de l’État.
Son rôle est aussi très concret dans la fabrication de repères communs : l’Insee calcule et publie les chiffres de population de référence, et le recensement permet de connaître la population, les logements et de nombreuses caractéristiques sociales des territoires. À ce titre, l’Insee ne produit pas seulement des « chiffres », mais des cadres de description qui servent à l’action publique, à la recherche et au débat public.
Pour notre glossaire, l’Insee est surtout utile comme ressource de contextualisation. Même s’il n’est pas un acteur spécialisé du champ pénitentiaire, ses travaux permettent de situer des enjeux qui traversent fortement la prison contemporaine, comme les inégalités scolaires, les difficultés face à l’écrit ou la fracture numérique. L’Insee publie par exemple des données sur l’illectronisme et sur les difficultés à l’écrit à l’âge adulte, qui aident à comprendre l’arrière-plan social et éducatif dans lequel s’inscrivent les questions d’enseignement, d’accès aux droits et de médiation numérique en détention.
Exemples : Économie et société à l’ère du numérique – édition 2025 ; 15 % de la population est en situation d’illectronisme en 2021 ; En 2022, un adulte sur dix rencontre des difficultés à l’écrit
Sigle de « Juge de l’application des peines ».
Le JAP est le magistrat chargé de contrôler l’exécution des peines prononcées à l’encontre d’une personne condamnée. Il fixe les principales modalités d’exécution de certaines peines privatives ou restrictives de liberté, veille au respect des obligations imposées au condamné et peut modifier, retirer ou mettre fin à certaines mesures selon leur déroulement.
Dans le contexte carcéral et post-carcéral, le JAP occupe une place centrale dans l’articulation entre peine, contrôle et réinsertion. Il intervient notamment pour des aménagements de peine comme la semi-liberté, le placement à l’extérieur, la détention à domicile sous surveillance électronique, la libération conditionnelle ou la libération sous contrainte. Il travaille en lien étroit avec le SPIP, qui suit la personne condamnée, prépare des éléments sur sa situation et signale d’éventuels incidents ou évolutions.
Pour notre glossaire, le JAP est une entrée importante parce qu’il incarne concrètement la manière dont la prison déborde ses murs : la peine ne se joue pas seulement dans l’enfermement, mais aussi dans son exécution, ses ajustements et ses prolongements en milieu ouvert. Le JAP peut par exemple convoquer une personne pour lui rappeler ses obligations, examiner une demande d’aménagement, ou réagir en cas de non-respect des mesures décidées.
Compléments : Ministère de la Justice – Les règles essentielles ; Ministère de la Justice – Préparer ma convocation ; Service-Public – Déroulement d’une affaire devant le tribunal correctionnel
Sigle de « Learning Infrastructure for Correctional Services ».
LICOS désigne un projet européen consacré au développement d’une infrastructure d’apprentissage pour les services correctionnels, autrement dit pour l’enseignement et la formation en milieu carcéral. Son objectif général était de construire un cadre commun pour l’e-learning en prison, en tenant compte à la fois des dimensions pédagogiques, organisationnelles, politiques et techniques, ainsi que des fortes contraintes de sécurité propres aux établissements pénitentiaires.
Plus précisément, LICOS correspond au projet « Learning Infrastructure for Correctional Services – European Transfer », financé dans le cadre du programme européen Leonardo da Vinci. Le projet est présenté comme ayant été coordonné par l’Université de Brême, avec des partenaires de plusieurs pays européens (exemples : Espagne, Italie), et visait à favoriser une communauté européenne de pratiques autour de l’enseignement numérique en prison.
Dans le contexte de notre glossaire, LICOS est intéressant parce qu’il ne renvoie pas à une administration ou à un métier, mais à une initiative transnationale de réflexion et de normalisation sur les usages du numérique carcéral. Le rapport issu du projet dresse un panorama des stratégies d’e-learning dans plusieurs pays européens (dont l’Autriche, la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni) afin d’identifier des modèles transférables pour l’éducation des personnes détenues. Sources : EPALE – rapport PDF de Walter Hammerschick ; EPALE – notice du rapport
On peut donc situer LICOS comme un jalon important dans l’histoire récente des politiques européennes d’éducation en prison : le projet a contribué à faire de l’e-learning un outil de continuité pédagogique, d’individualisation des parcours et d’inclusion sociale pour des publics détenus ou anciennement détenus.
Sigle de « Learning Management System ».
Un LMS est une plateforme numérique de gestion de l’apprentissage. De manière générale, il s’agit d’un logiciel ou d’un environnement web qui permet d’administrer des cours, de diffuser des contenus, de suivre les apprenants, d’organiser les évaluations et de produire des données de suivi sur les parcours de formation.
Dans les usages éducatifs, le LMS sert de point d’entrée central pour l’enseignement à distance, hybride ou présentiel enrichi par le numérique. Il ne désigne donc pas un outil précis, mais une catégorie de plateformes. Des solutions comme Moodle LMS ou Canvas LMS en sont des exemples bien connus dans l’enseignement supérieur et la formation.
Dans le contexte de notre glossaire, le terme est particulièrement utile pour penser les dispositifs pédagogiques en milieu carcéral : un LMS peut permettre de structurer des contenus, distribuer des ressources, organiser des exercices et suivre les apprentissages, même lorsque l’accès à Internet est limité ou très contrôlé. C’est précisément pour cela que les réflexions sur l’enseignement numérique en prison s’intéressent souvent aux LMS, adaptés à des environnements fermés, sécurisés ou fonctionnant en réseau interne.
Le sigle LMS renvoie enfin à une logique de médiation et d’organisation de l’apprentissage plus qu’à une simple bibliothèque de fichiers : il articule contenus, interactions, évaluation et traçabilité. Dans des contextes contraints, cette fonction d’organisation devient centrale, parce qu’elle permet de rendre l’offre de formation plus stable, plus individualisable et plus suivable.
Sigle de « Maison d’arrêt ».
La maison d’arrêt est un établissement pénitentiaire qui accueille les personnes en détention provisoire ainsi que les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement courte, en pratique inférieure ou égale à deux ans.
Dans l’organisation pénitentiaire française, la maison d’arrêt correspond donc au lieu le plus fréquent de l’entrée en détention et des courtes peines. Le condamné qui effectue une courte peine y est en principe placé, tandis que les personnes condamnées à des peines plus longues peuvent ensuite être orientées vers un centre de détention ou une maison centrale selon leur situation.
Pour le glossaire de utt-prison-num.fr, la maison d’arrêt est une entrée importante car elle concentre une grande partie des contraintes du quotidien carcéral : rotation rapide des personnes détenues, poids de la détention provisoire, préparation parfois difficile de la sortie, et forte exposition à la suroccupation. Vie publique rappelle d’ailleurs que les maisons d’arrêt sont les établissements les plus touchés par le surpeuplement, et plusieurs projets immobiliers du ministère de la Justice sont explicitement présentés comme des réponses à cette pression carcérale, comme celui d’une nouvelle maison d’arrêt dans le Val-de-Marne.
Sigle de « Maison centrale ».
La maison centrale est un établissement pénitentiaire pour peine destiné à accueillir des personnes condamnées à de longues peines. Son régime de détention est principalement orienté vers la sécurité, à la différence du centre de détention, davantage tourné vers la réinsertion sociale.
Dans le contexte de l’ouvrage, MC désigne donc l’un des types d’établissements les plus sécurisés de l’administration pénitentiaire française. Vie publique recensait 6 maisons centrales au 1er janvier 2024 ; l’annuaire du ministère de la Justice permet par exemple d’identifier les maisons centrales d’Arles, de Saint-Maur, de Poissy ou d’Ensisheim. La fiche de la maison centrale de Poissy précise qu’elle accueille des hommes majeurs condamnés à de longues peines, ce qui donne un exemple concret de ce que recouvre ce sigle dans l’organisation carcérale.
Sigle de « Observatoire International des Prisons ».
L’OIP désigne une organisation de défense des droits humains en prison. Dans l’usage français contemporain, le sigle renvoie surtout à la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP-SF), une association qui agit pour le respect des droits fondamentaux des personnes détenues et pour un moindre recours à l’emprisonnement.
De manière générale, l’OIP documente les conditions de détention, informe les personnes détenues sur leurs droits, alerte l’opinion publique, interpelle les pouvoirs publics et mène aussi des actions contentieuses devant les juridictions françaises et européennes. Il ne s’agit donc pas seulement d’un observatoire au sens descriptif du terme, mais d’un acteur militant et juridique du champ pénitentiaire.
Pour notre glossaire, ce sigle est important parce que l’OIP constitue en France une source majeure d’expertise critique sur la prison : surpopulation carcérale, accès aux soins, travail pénitentiaire, liens familiaux, violences, préparation à la sortie. Ses publications sont régulièrement mobilisées dans les débats publics sur la dignité en détention et les effets de l’enfermement.
On peut enfin rappeler que l’Observatoire international des prisons est né au début des années 1990, tandis que la section française, créée en 1996, a poursuivi et structuré ce travail dans le contexte national. Cette précision est utile, car dans de nombreux textes contemporains, « OIP » est employé comme raccourci pour désigner directement l’OIP-SF.
Sigle de « Quartier de Haute Sécurité ».
Le QHS désigne, dans l’histoire pénitentiaire française, un type de quartier carcéral créé au milieu des années 1970 pour l’incarcération de personnes détenues considérées comme particulièrement dangereuses ou susceptibles de troubler gravement l’ordre en détention. Il s’agit d’un sigle historique : les QHS ne constituent plus aujourd’hui une catégorie en vigueur du système pénitentiaire français.
Plus précisément, les QHS apparaissent dans le contexte de la réforme pénitentiaire de 1975, après les mutineries de 1974. Cette réforme redéfinit les établissements pour peines et introduit, à côté des maisons centrales et des centres de détention, des quartiers ou établissements de sécurité renforcée. Dans les usages militants, médiatiques et universitaires, le sigle « QHS » est devenu le nom le plus courant pour désigner ces dispositifs d’exception.
Dans une perspective plus située, le QHS renvoie à un régime de détention extrêmement restrictif : déplacements individuels, limitation drastique des rassemblements, exclusion des contacts avec les autres catégories de détenus, isolement très poussé. Ces quartiers ont fait l’objet de vives critiques dans les années 1970 et au début des années 1980, au point de devenir un symbole des formes les plus dures de l’enfermement. Ils sont fermés en 1982 ; le sigle subsiste surtout aujourd’hui comme référence historique ou comme point de comparaison dans les débats contemporains sur les régimes carcéraux les plus sécuritaires.
Sigle de « Responsable local de l’enseignement ».
Le RLE est l’enseignant qui assure, au sein d’un établissement pénitentiaire, l’organisation et le pilotage local de l’enseignement. Placé à la tête de l’unité locale d’enseignement (ULE), il anime l’équipe pédagogique, suit la mise en œuvre du projet pédagogique et veille à l’articulation entre les enseignements, les besoins des personnes détenues et les contraintes propres à la détention.
Dans le contexte de l’ouvrage, le RLE désigne donc une figure charnière entre l’Éducation nationale et l’administration pénitentiaire. Les textes officiels précisent qu’il coordonne les activités d’enseignement avec celles du SPIP, de la formation professionnelle, du travail, des bibliothèques et des activités culturelles ou associatives ; il participe aussi, selon les dispositifs locaux, à l’orientation des personnes détenues, au suivi de l’enseignement à distance et à certaines instances pluridisciplinaires comme la CPU. Le bilan national de l’enseignement en milieu pénitentiaire (2018-2019) donne par exemple la parole à un RLE du centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses, qui décrit ce rôle comme celui d’un « chef de service » pour le secteur enseignement et d’un pilote pédagogique local.
Sigle de « Règles pénitentiaires européennes ».
Les RPE sont un ensemble de normes adoptées par le Conseil de l’Europe pour encadrer le traitement des personnes détenues et l’organisation des prisons dans le respect des droits fondamentaux. Elles prennent la forme d’une recommandation du Comité des Ministres adressée aux États membres, et non d’une loi directement contraignante, mais elles servent de référence majeure pour penser des conditions de détention dignes, la sécurité, la santé, les contacts avec l’extérieur, le travail, l’enseignement ou encore la préparation à la sortie.
Dans leur version révisée, les RPE rappellent notamment que les personnes privées de liberté conservent tous les droits qui ne leur ont pas été retirés légalement, que les restrictions imposées doivent être réduites au strict nécessaire et proportionnées à des objectifs légitimes, et que les conditions de détention doivent respecter la dignité humaine. Elles couvrent donc à la fois des principes généraux et des aspects très concrets de la vie carcérale : locaux, hygiène, soins, discipline, information des détenus, personnel pénitentiaire ou inspections indépendantes.
Dans le contexte français, les RPE occupent une place importante dans les débats sur la prison depuis les années 2000. Elles ont servi de cadre de référence dans les discussions sur la réforme pénitentiaire et sont régulièrement mobilisées dans les analyses sur la surpopulation, les droits des personnes détenues, l’encellulement individuel, l’accès aux soins ou l’activité en détention. Elles n’imposent pas mécaniquement une réforme, mais elles pèsent comme standard européen de bonne administration pénitentiaire.
On peut enfin situer les RPE dans une histoire plus longue : elles prolongent les premières règles européennes des années 1970, ont été révisées en 1987 puis en 2006, avant une version révisée publiée en 2020. Elles constituent ainsi un repère central pour tous les acteurs qui travaillent sur la prison en Europe, qu’il s’agisse des administrations, des juridictions, des contrôleurs, des chercheurs ou des associations.
Sigle de « Section des Étudiants Empêchés ».
La SEE est un dispositif universitaire de l’Université Paris Cité dédié à l’enseignement supérieur en milieu carcéral. Elle permet à des personnes détenues dans les prisons d’Île-de-France d’entamer ou de poursuivre des études supérieures, en organisant des cours et des examens selon les mêmes programmes et les mêmes règles que sur le campus, tout en prenant en charge les démarches administratives et pédagogiques nécessaires.
Dans le contexte de l’ouvrage, la SEE désigne donc un acteur pionnier de l’accès à l’université en prison. Des sources institutionnelles indiquent qu’elle a été fondée en 1974 et qu’elle constitue un cas presque unique en France : l’Université Paris Cité la présente comme le seul service universitaire entièrement dédié à l’enseignement en milieu carcéral, avec un choix fort d’enseigner « dans les murs » plutôt que par simple correspondance. Pour ce glossaire, la SEE renvoie ainsi à une forme concrète de continuité pédagogique et d’ouverture culturelle en détention.
Sigle de « Section d’enseignement général et professionnel adapté ».
La SEGPA est un dispositif implanté dans les collèges qui accueille des élèves présentant des difficultés scolaires graves et persistantes auxquelles les actions ordinaires de prévention, d’aide et de soutien n’ont pas suffi à répondre. Elle propose des enseignements adaptés, fondés sur une analyse fine des besoins d’apprentissage, tout en maintenant une inscription dans le cadre scolaire du collège.
Concrètement, la SEGPA concerne les classes de la 6e à la 3e. Les élèves y sont scolarisés en effectifs réduits, au sein du collège, avec un parcours plus individualisé ; à partir du cycle 4, la découverte du monde professionnel prend une place importante, notamment à travers l’orientation et les stages.
Pour ce glossaire, la SEGPA est utile à repérer parce qu’elle renvoie à des trajectoires scolaires marquées par de fortes difficultés d’apprentissage, qui peuvent réapparaître dans les parcours de jeunes suivis par la justice. Le ministère de la Justice souligne d’ailleurs que beaucoup de jeunes pris en charge par la PJJ sont déscolarisés, décrocheurs ou en difficulté scolaire, et insiste sur la nécessité d’une coordination entre justice et Éducation nationale pour leur proposer des solutions adaptées.
Sigle de « Service national du renseignement pénitentiaire ».
Le SNRP est le service de renseignement du ministère de la Justice chargé de prévenir les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et d’assurer la sécurité des établissements pénitentiaires. Il fait partie du renseignement français et travaille sur des enjeux comme le terrorisme, la radicalisation, la criminalité organisée, les violences en détention ou les risques d’évasion.
Sur le plan institutionnel, le SNRP a été créé par l’arrêté du 29 mai 2019 comme service à compétence nationale, alors rattaché au directeur de l’administration pénitentiaire. Le texte précise qu’il coordonne et met en œuvre le renseignement pénitentiaire, anime le réseau territorial et contribue à l’analyse des menaces dans le champ carcéral.
Dans le contexte pénitentiaire, le SNRP est important parce qu’il montre que la prison n’est pas seulement un lieu d’exécution de peine, mais aussi un espace stratégique de surveillance et de circulation d’informations. Les prisons peuvent concentrer des phénomènes de violence, de prosélytisme, de trafics ou de coordination criminelle ; le renseignement pénitentiaire sert précisément à repérer ces dynamiques et à informer les décisions de sécurité.
Il faut enfin noter qu’avec la transformation de la DAP en DGAP en février 2026, le SNRP est désormais présenté dans l’organisation de la Direction générale de l’administration pénitentiaire comme l’unique service de renseignement du ministère de la Justice. Cette précision est utile pour situer le sigle dans les évolutions institutionnelles les plus récentes.
Sigle de « Service pénitentiaire d’insertion et de probation ».
Le SPIP est un service déconcentré de l’administration pénitentiaire, présent dans chaque département, dont la mission principale est la prévention de la récidive et l’accompagnement à la réinsertion des personnes placées sous main de justice. Il intervient aussi bien auprès des personnes détenues qu’auprès de celles exécutant leur peine en milieu ouvert. Dirigé par un Directeur pénitentiaire d’insertion et de probation (DPIP), il s’agit du service qui emploie les Conseillers pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP).
Concrètement, le SPIP évalue la situation des personnes suivies, contrôle le respect des obligations fixées par l’autorité judiciaire, transmet des rapports aux magistrats et construit un accompagnement individualisé autour de difficultés sociales, familiales, sanitaires, scolaires ou professionnelles. En détention, il prépare notamment la sortie ; en milieu ouvert, il suit par exemple des mesures comme le sursis probatoire, la libération conditionnelle ou certaines formes de surveillance électronique.
Pour ce glossaire, le SPIP est une entrée centrale, car il se situe à l’articulation entre enfermement, accompagnement social, formation et préparation de la sortie. C’est souvent par lui que transitent les enjeux d’accès aux droits, d’orientation vers des dispositifs d’insertion ou de coordination avec des partenaires extérieurs ; dans cette perspective, il joue un rôle clé dans la continuité entre le dedans et le dehors de la prison.
Sigle de « Technologies de l’information et de la communication ».
Les TIC désignent un ensemble de techniques, d’outils et de services permettant de saisir, traiter, stocker, transmettre ou afficher des informations sous forme électronique. Dans un sens large, l’expression recouvre notamment l’informatique, les télécommunications et certains services audiovisuels ou numériques. Les TIC font l’objet d’études du Ministère de l’Éducation nationale régulièrement.
Dans le contexte de l’ouvrage, TIC renvoie à une catégorie générale de supports et de pratiques pédagogiques mobilisables en détention. Une circulaire conjointe Justice/Éducation nationale indiquait déjà en 2000 que les activités pédagogiques en prison pouvaient recourir aux technologies de l’information et de la communication ; plus récemment, les bilans de l’enseignement en milieu pénitentiaire montrent que la maîtrise des usages numériques fait partie des compétences visées en détention, notamment dans les parcours de certification comme CléA.
Pour notre glossaire, le sigle TIC permet donc de désigner l’arrière-plan technique et pédagogique du numérique en prison, avant même de parler d’ENT, d’enseignement à distance ou de ressources embarquées.
Sigle de « Travail d’intérêt général ».
Le TIG est une peine pénale qui consiste à effectuer un travail non rémunéré au profit d’une collectivité territoriale, d’un établissement public, d’une association habilitée, d’une entreprise chargée d’une mission de service public, d’une structure de l’économie sociale et solidaire ou d’une société à mission. Il peut être prononcé pour certains délits et pour certaines contraventions, à condition que la personne condamnée ne s’y oppose pas.
Sources : Ministère de la Justice ; Service-Public.fr
Le TIG est présenté par les institutions comme une peine utile socialement, à la fois punitive, réparatrice et tournée vers la réinsertion. Le ministère de la Justice distingue par exemple des TIG individuels, collectifs ou pédagogiques ; la durée peut aller de 20 à 400 heures en cas de délit, et de 20 à 120 heures en cas de contravention.
Dans le champ prison-justice, le TIG est important parce qu’il constitue une alternative à l’incarcération et mobilise tout un réseau d’acteurs du milieu ouvert. Son exécution est suivie par le juge de l’application des peines et par le SPIP ; des associations ou personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public peuvent demander une habilitation pour accueillir des personnes condamnées. Pour les mineurs, il existe aussi, sous condition d’âge, avec l’exigence qu’il soit adapté et qu’il favorise l’insertion.
Sigle de « Unité locale d’enseignement ».
L’ULE désigne la structure pédagogique implantée au sein d’un établissement pénitentiaire pour organiser l’enseignement dispensé aux personnes détenues. Elle regroupe les moyens d’enseignement mobilisés localement par l’Éducation nationale et permet de proposer, en détention, des parcours de remise à niveau, de préparation aux diplômes ou de poursuite d’études.
Dans le contexte de l’ouvrage, l’ULE désigne donc l’échelon concret où s’organisent les apprentissages en prison. Les textes officiels précisent qu’elle intervient dès l’accueil pour présenter l’offre de formation et recueillir les demandes, tandis que le RLE en assure le bon fonctionnement. Un exemple donné par l’annuaire du ministère de la Justice est celui du centre de détention de Melun, où l’ULE propose notamment des cours de français, mathématiques, histoire-géographie, philosophie, ainsi qu’un suivi des études universitaires.
Sigle de « Unités pédagogiques régionales ».
Les UPR sont les structures de l’Éducation nationale qui organisent et pilotent l’enseignement en milieu pénitentiaire à l’échelle d’une direction interrégionale des services pénitentiaires. Elles coordonnent les activités d’enseignement dans les établissements pénitentiaires de leur ressort et rassemblent les moyens humains et pédagogiques mobilisés pour la scolarisation des personnes détenues.
Sources : Ministère de l’Éducation nationale ; Ministère de la Justice / circulaire du 19 mars 2020
Plus précisément, une UPR est considérée comme une structure scolaire spécialisée, créée au sein de chaque DISP. Elle est dirigée par un proviseur-directeur, personnel de direction de l’Éducation nationale, qui assure le pilotage de l’enseignement pénitentiaire sur tout le territoire concerné, en lien avec les rectorats et l’administration pénitentiaire. Les UPR se déclinent localement en unités locales d’enseignement (ULE) à l’intérieur des prisons.
Dans le contexte de votre glossaire, les UPR sont importantes parce qu’elles montrent que l’enseignement en prison ne relève pas seulement d’initiatives isolées, mais d’une organisation nationale et interrégionale stable, partagée entre le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Justice. Elles jouent donc un rôle d’interface entre la logique scolaire, les contraintes carcérales et les objectifs de réinsertion.
Historiquement, les UPR ont été mises en place pour structurer l’enseignement en détention à l’échelle régionale. Une circulaire de 2000 indiquait déjà qu’« afin de structurer cet enseignement », l’Éducation nationale avait créé dans chaque région pénitentiaire une unité pédagogique régionale. Cette continuité institutionnelle éclaire leur rôle actuel comme cadre de coordination de l’enseignement auprès des personnes détenues, qu’il s’agisse de lutte contre l’illettrisme, de formation générale, de préparation aux diplômes ou de continuité des parcours scolaires.
